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Errant et méconnu, passant vague, bohème,
Il jette dans la nuit le chant de sa douleur,
Son foyer, sans destin, et sans nul cur qui l'aime,
Il rythme sa détresse en vers plein de douceur.
Cur épris d'Art divin ! Pauvre être
dérisoire !
Il chante sa tristesse afin de l'assoupir !
C'est sa douleur qui charme ; et ses vers pleins de gloire
Sont l'écho d'un profond et douloureux soupir.
Parfois, heureux pourtant, dans son extase, il rêve
;
Sa pauvre âme, oubliant ce monde qui lui ment,
Cherchant dans l'Art divin quelques instants de trêve,
Vers les mondes lointains s'élance éperdument,
Et, déployant alors ses ailes sur le gouffre,
Oubliant les plaisirs décevants, loin du mal,
Lasse d'une vie amère et vaine dont il souffre,
S'enivre follement d'un parfum d'Idéal !
(Pierre Jouin)
Poésies
**Horoscope
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