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Plongé dans les ennuis, lhomme, disois-je
un jour,
Est-il donc au malheur condamné sans retour ?
Quels vents impétueux, ô puissante Sagesse,
De lîle du Bonheur me repoussant sans cesse !
Que décueils menaçants en défendent les
bords !
Ô si tous les mortels, jetés loin de ses ports,
Errent au gré des vents et sans mâts et sans voiles,
Si leur vaisseau perdu méconnoît les étoiles,
Viens me servir de guide. Eh ! que puis-je sans toi ?
Jai cherché le bonheur ; il a fui loin de moi.
Séduit par une longue et trop vaine espérance,
Jerre dans les détours dun labyrinthe immense.
Est-ce dans les plaisirs, est-ce dans la grandeur,
Que lhomme doit poursuivre et trouver le bonheur ?
Sagesse, cest à toi de résoudre mes doutes :
De la félicité tu peux mouvrir les routes.
Je dis ; un doux sommeil appesantit mes yeux,
Et, descendu soudain de la voûte des cieux,
Un songe bienfaiteur, dans lazur dune nue,
Présente à mes regards la Sagesse ingénue.
Simple dans ses discours, aimable en son accueil,
Elle naffecte point un pédantesque orgueil ;
Dune fausse vertu dédaignant limposture,
Elle-même applaudit aux leçons dÉpicure
;
Indulgente aux humains, de sa paisible cour
Elle nécarte point et les Jeux et lAmour.
Mortel, je viens, dit-elle, appaiser tes alarmes,
De tes humides yeux je viens sécher les larmes,
Tapprendre quau hasard tu diriges tes pas,
Et cherches le bonheur où le bonheur nest pas.
(Helvétius [1715-1771], philosophe français du courant
des Lumières, auteur de deux ouvrages majeurs, "De lEsprit"
et "De lHomme", ouvrages qui marquèrent profondément
la pensée française au XVIIIe siècle.)
****************Poésies
**Horoscope
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