L'ÉVEIL

Tu es né dans la brume des convictions poisons
indécis malheureux tu subis ton destin
et prêche pour ton seing le bonheur d'une vie
vécue dans l'ignorance et la mauvaise foi.

Tout jeune on t'a appris sans aucune certitude
que l'homme est ton ennemi et la femme ta servante
ainsi conditionné tu amputais ton cœur,
paré de certitude tu marchais tête haute
ta jeunesse insouciante justifiant tes actions.

Pour toi il est normal d'invectiver les dieux
de ruiner ton prochain pour te remplir les poches
de manquer de respect à tout ce qui t'entoure.

Vient le temps des chagrins et des mélancolies
ton mal-être te ronge et tu cherches une issue.
Goûtant à l'extérieur des paradis fugaces
tu planes et tu t'enivres tu te perds à toi-même.
Quand vient la solitude tu cries ton désespoir
pourquoi pourquoi pour quoi, pour palper le néant ?

Vas-tu finir ta vie dans un désert obscur
après avoir transmis à ta progéniture
des concepts oiseux qui t'ont fait tant de mal ?
Vois ou ça t'as mené, écarquille tes yeux
ouvre grand tes paupières, laisse entrer le soleil.
Quelque part ici-bas scintille une lumière
indiquant le chemin au marin en péril.
Te dirigeant vers elle, tu connaîtras enfin
ce qui peut faire de toi un être libéré.
(Marie Liñaje) Marie Linaje