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Quand on aime l'odeur du thym et la rosée,
Dès l'aurore, on s'en va. La plaine reposée
Commence à s'éveiller aux alertes chansons
De tout un peuple ailé niché dans les buissons
À travers bois, le vol brusque et léger des merles,
Filant de feuilles en feuilles, en fait tomber des perles
Oh ! trois heures, à deux, au doux bruit de ses chants,
Respirer les parfums si salubres des champs ;
Et, le cur tout rempli de joie et de lumière,
Rentrer en embrassant la petite fermière
Qui, le déjeuner prêt, vient au-devant de nous ;
Rire avec les enfants rieurs sur nos genoux ;
Attaquer le poulet qu'on hume avec délices,
Et le fromage frais, à point sur les éclisses,
Et les fruits les plus beaux pris à nos espaliers,
Et le petit vin vieux qui dort dans les celliers !
(Louis Boulé, romancier berrichon) (1858-1910)
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